Dans ce bulletin, nous abordons des enjeux cruciaux en matière de cybersécurité, mettant en lumière les menaces et les stratégies de protection. Après avoir examiné les récentes fuites de données chez Snowflake et les violations croissantes signalées par Have I Been Pwned, nous explorons les risques auxquels sont exposés les enfants face à la cybercriminalité, l’impact des ransomwares sur les entreprises, et les sombres réalités des camps de travail forcé utilisés par les cybercriminels en Asie du Sud-Est. Nous soulignons également les préparatifs des autorités pour protéger les Jeux olympiques de Paris 2024 contre les cyberattaques et l’importance de la vigilance face aux nouvelles technologies comme Copilot+. Ce bulletin vise à informer et sensibiliser sur les défis actuels et les mesures de protection indispensables pour naviguer en toute sécurité dans le monde numérique.
En bref…
Éducation numérique : une nécessité pour lutter contre les cybermenaces chez les jeunes.
Les enfants sont de plus en plus ciblés par les cybercriminels, qui utilisent des marques de jeux et de jouets populaires pour les piéger. Selon Kaspersky, le nombre de tentatives d’attaques a augmenté de 35% au premier trimestre 2024, avec 1,3 million d’attaques dans le monde. Les enfants sont souvent victimes de chevaux de Troie téléchargés à leur insu, qui permettent aux pirates de voler des données personnelles et bancaires.
Par ailleurs, les outils de contrôle parental sur les appareils peuvent présenter des failles de sécurité importantes. Sur les appareils Apple, par exemple, une chaîne de caractères saisie dans la barre d’adresse Safari permet de contourner les restrictions de sites web définies par Apple. Bien que le problème ait été signalé depuis 2021, Apple ne semble pas l’avoir considéré comme une faille de sécurité majeure. Une journaliste du Wall Street Journal a pu accéder à des images violentes et pornographiques sur un iPad configuré pour empêcher l’accès à la majorité des sites web.
Les parents doivent être conscients de ces risques et prendre des mesures pour protéger leurs enfants en ligne. Il est également de la responsabilité des établissements scolaires de proposer des sensibilisations adaptées aux élèves. L’éducation numérique et l’utilisation de solutions de sécurité fiables sont essentielles pour prévenir les attaques de cybercriminels et protéger les données personnelles de la famille.
Sources:
https://www.20minutes.fr/high-tech/4095521-20240610-apple-chercheurs-decouvrent-enorme-faille-controle-parental
https://www.20minutes.fr/high-tech/4094253-20240603-cybercriminalite-enfants-plus-plus-cibles-travers-marques-preferees
Le FBI détient plus de 7 000 clés de déchiffrement pour aider les victimes de LockBit
Le groupe de cybercriminels LockBit a mené plus de 2400 attaques dans le monde, causant des dommages importants aux entreprises touchées. Cependant, une lueur d’espoir est apparue pour les victimes de ce ransomware : le FBI a annoncé qu’il possédait plus de 7000 clés de déchiffrement pour aider les entreprises à récupérer leurs données.
En effet, le mois dernier, une opération internationale « Cronos » dirigée par le Royaume-Uni a permis d’atteindre l’infrastructure en ligne de LockBit. Cette opération a permis de mieux comprendre les méthodes utilisées par LockBit et d’avancer dans la lutte contre ce groupe cybercriminel.
Cependant, les attaques par ransomware continuent d’être un fléau pour les entreprises. Nous tenons à rappeler qu’il est important que les entreprises touchées ne paient pas la rançon demandée. Le paiement de cette dernière ne garantit pas la suppression des données par les attaquants et ne permet souvent pas aux entreprises de récupérer leurs données, car même après le paiement de la rançon, les attaquants ne fournissent pas toujours la clé de déchiffrement. Selon un rapport de Veeam, les entreprises victimes d’une attaque de ransomware ne peuvent récupérer en moyenne que 57 % des données compromises. De plus, le paiement de la rançon les identifie comme étant de « bons payeurs », ce qui les rend vulnérables à une nouvelle extorsion.
Sources:
https://thehackernews.com/2024/06/fbi-distributes-7000-lockbit-ransomware.html
Des camps de travail forcé au service de la cybercriminalité en Asie du Sud-Est
Des syndicats cybercriminels utilisent des camps de travail forcé en Asie du Sud-Est pour mener des escroqueries en ligne qui rapportent des milliards de dollars à leurs organisations criminelles. Les victimes de ces escroqueries, telles que les arnaques téléphoniques et le phishing, sont ciblées dans le monde entier. Derrière les mythes entourant les cybercriminels, il existe une réalité parfois difficile à accepter sur le plan moral.
Les travailleurs piégés dans ces camps sont très souvent victimes de trafic d’êtres humains, ayant été attirés par des promesses d’emplois bien rémunérés dans des entreprises respectables. Les gouvernements de la région ont du mal à lutter contre ces organisations criminelles, qui bénéficient de la protection de milices et de fonctionnaires corrompus et qui ont généré plus de 64 milliards de dollars de revenus au cours des trois dernières années, leur procurant ainsi des moyens supérieurs à ceux des forces de l’ordre.
Les revenus des cybercriminels en Asie du Sud-Est sont si élevés qu’ils dépassent le PIB de certains pays de la région. Les forces de l’ordre et les institutions financières collaborent pour lutter contre ces escroqueries, notamment en identifiant les victimes potentielles et en retraçant les flux financiers de ces organisations.
Sources:
https://www.darkreading.com/cyber-risk/forced-labor-camps-fuel-billions-of-dollars-in-cyber-scams
Plus généralement…
Les JO de Paris 2024 sous haute surveillance face aux cyberattaques
À l’approche des Jeux olympiques de Paris en 2024, les autorités ont mis en garde contre les risques de cyberattaques et les escroqueries en ligne liées à l’événement. Depuis mars 2023, les enquêteurs de la gendarmerie spécialisés dans la cybercriminalité ont déjà repéré 338 sites frauduleux de revente de billets. Pour éviter de se faire arnaquer, il est important de se rappeler que le seul site officiel pour l’achat de billets est celui de Paris 2024. Il est également recommandé de faire attention aux fautes d’orthographe et aux prix trop alléchants sur les sites frauduleux, ainsi qu’aux vendeurs qui prétendent avoir des billets en avance ou qui demandent des informations personnelles.
En plus des escroqueries, les Jeux olympiques sont également une cible pour les cyberattaques. La société de cybersécurité Mandiant a publié un rapport intitulé « Phishing for Gold » sur l’état de la cybermenace sur les Jeux olympiques de Paris 2024. Le rapport détaille les principales cybermenaces qui pourraient avoir lieu pendant l’événement, les motivations de ces attaques, et l’identité des cyberattaquants pouvant occasionner le plus de dégâts. Les menaces les plus importantes seront celles parrainées par un État, notamment la Russie, la Chine, l’Iran et la Corée du Nord, et viseront les organisateurs, les sponsors, les infrastructures, les athlètes et les visiteurs.
Mandiant a également mis en garde contre les campagnes de désinformation et les attaques par déni de service (DDoS) menées par des groupes pro-russes, qui pourraient perturber des cibles de premier plan et diffuser des récits alignés sur les intérêts stratégiques russes. Des groupes favorables à l’État chinois pourraient également exploiter des thèmes olympiques pour mettre en avant une idéologie anti-occidentale.
Sources:
https://www.usine-digitale.fr/article/mandidant-alerte-sur-le-risque-de-cyberattaques-de-grande-ampleur-pendant-les-jeux-olympiques.N2214311
https://www.ouest-france.fr/jeux-olympiques/jo-de-paris-2024-plus-de-300-sites-de-vente-frauduleux-recenses-depuis-plus-dun-an-b44007f4-2634-11ef-9ce1-91b4c7587fdc
Deux enquêtes majeures aboutissent à des arrestations en France et en Roumanie
Le groupe cybercriminel Epsilon a annoncé la fin de ses activités suite à l’arrestation d’un de ses membres, un adolescent de 16 ans. Le groupe était connu pour avoir commercialisé un logiciel malveillant de type « stealer » et pour avoir revendiqué le vol de données appartenant à la société Shadow en novembre 2023. Epsilon a également été impliqué dans plusieurs autres attaques informatiques contre des entreprises françaises, telles que LDLC, Sport 2000 et des médias français.
Dans une autre affaire, trois hommes ont été interpellés en Roumanie et mis en examen en France pour avoir lancé des cyberattaques contre des entreprises et des hôpitaux en France et en Europe entre 2021 et 2024. Ces attaques (Ransomwares) ont permis aux pirates informatiques de soutirer de l’argent à leurs victimes en échange de la restauration de leur système informatique.
Ces arrestations et interpellations s’inscrivent dans un effort accentué depuis le début de l’année par les autorités françaises, européennes et internationales pour lutter contre la cybercriminalité et traduire les auteurs de ces actes en justice. Cependant, la menace reste élevée et les entreprises doivent rester vigilantes.
Sources:
https://www.ouest-france.fr/societe/faits-divers/vague-de-cyberattaques-en-france-trois-hackers-interpelles-et-mis-en-examen-en-roumanie-6eeda4ee-27de-11ef-a03e-d172161e5c0f
https://www.zdnet.fr/actualites/cybercrime-epsilon-ferme-boutique-suite-a-larrestation-dun-de-ses-membres-392631.htm
Réseaux Sociaux et IA : Enjeux et Dérives de la Désinformation
Les réseaux sociaux sont devenus des terrains fertiles pour la manipulation de masse, notamment via les deepfakes et le piratage de comptes. Cette tendance inquiétante est particulièrement préoccupante lors d’événements cruciaux comme les élections et les Jeux olympiques. Récemment, OpenAI a révélé avoir stoppé cinq opérations d’influence secrètes émanant de Chine, d’Iran, d’Israël et de Russie. Ces groupes cherchaient à exploiter les outils d’intelligence artificielle d’OpenAI pour manipuler le discours public et les résultats politiques en ligne, tout en masquant leur véritable identité.
Ces opérations d’influence sont de plus en plus courantes et sophistiquées, notamment grâce aux avancées de l’IA et des deepfakes. Les réseaux sociaux offrent un terrain de jeu idéal pour ces acteurs malveillants qui cherchent à influencer les opinions et les résultats politiques. Les activités détectées au cours des trois derniers mois ont utilisé les modèles d’IA pour générer de courts commentaires et des articles plus longs dans différentes langues, créer des noms et des biographies pour des comptes de médias sociaux, mener des recherches sur des sources ouvertes, déboguer des codes simples, et traduire et relire des textes.
Parmi ces réseaux, deux étaient liés à des acteurs russes, notamment Bad Grammar, qui ciblait des publics en Ukraine, en Moldavie, dans les États baltes et aux États-Unis via des comptes Telegram. Les autres groupes incluent Spamouflage de Chine, l’Union internationale des médias virtuels (UIVM) d’Iran et Zero Zeno d’Israël, une opération menée par une société d’intelligence économique appelée STOIC. Tous ont utilisé les modèles d’OpenAI pour générer et diffuser du contenu en ligne afin de manipuler l’opinion publique.
Ces révélations soulignent l’importance de la vigilance et de la surveillance en ligne pour lutter contre ces manipulations. Les gouvernements, les entreprises et les utilisateurs doivent être conscients de ces menaces et agir pour les contrer. Les plateformes de réseaux sociaux doivent renforcer leurs politiques de vérification et de modération pour empêcher la propagation de fausses informations, et les utilisateurs doivent faire preuve de discernement et vérifier les sources avant de partager du contenu.
Sources:
https://thehackernews.com/2024/05/openai-meta-tiktok-disrupt-multiple-ai.html
Pour aller plus loin :
Lancement de Copilot+ : Des Experts en Cybersécurité Tirent la Sonnette d’Alarme
Microsoft a récemment lancé sa fonctionnalité Recall sur les PC Copilot+, une initiative qui suscite de vives inquiétudes en matière de cybersécurité. Recall permet de prendre des captures d’écran toutes les cinq secondes pour créer une « mémoire photographique » analysée par l’intelligence artificielle. Bien que Microsoft assure que ces données restent sur l’appareil et nécessitent des privilèges administrateur pour être consultées, des chercheurs ont prouvé qu’il est possible de contourner ces mesures de sécurité.
James Forshaw, de Project Zero, a démontré qu’il pouvait accéder aux données Recall sans privilèges administrateur, en exploitant des vulnérabilités basiques de Windows. De plus, Kevin Beaumont a découvert que ces données, stockées en texte clair dans une base de données SQLite, sont facilement accessibles si un hacker parvient à infiltrer le système.
Le hacker Alex Hagenah a également mis au point un outil nommé TotalRecall, capable de copier et analyser les données non chiffrées de Recall. Malgré les assurances de Microsoft, cette fonctionnalité, qui vise à améliorer l’efficacité des utilisateurs de Windows 11, pose un sérieux risque de sécurité.
En réponse aux critiques, Microsoft a décidé de ne plus activer Recall par défaut sur les PC Copilot+. Cependant, avec le déploiement imminent de Copilot+ le 18 juin, il est crucial pour les utilisateurs de rester vigilants. Les entreprises doivent également prendre des mesures pour sécuriser leurs données avant et après l’implémentation de Copilot, en suivant des protocoles stricts de gestion des accès et de surveillance continue.
Ainsi, bien que les avancées en IA offrent des opportunités d’amélioration de la productivité, elles nécessitent une vigilance accrue pour protéger les données sensibles contre les cybermenaces.
Sources:
https://www.usine-digitale.fr/article/cybersecurite-a-peine-devoilee-la-fonctionnalite-recall-de-microsoft-deja-critiquee.N2214371
https://www.zdnet.fr/actualites/lia-de-windows-recall-peut-etre-trompee-pour-recracher-vos-informations-personnelles-392694.htm
https://krebsonsecurity.com/2024/06/patch-tuesday-june-2024-recall-edition/
https://www.solutions-numeriques.com/guide-de-bonnes-cyberpratiques-pour-un-deploiement-de-microsoft-copilot-reussi/
https://www.darkreading.com/application-security/microsoft-modifies-recall-ai-feature-privacy-security-failings
Snowflake Victime d’une Campagne de Vol de Données : Plus de 165 Organisations Touchées
Une récente campagne de vol de données ciblant les clients de Snowflake a révélé d’importantes failles de sécurité dans les systèmes cloud. Environ 165 organisations ont été affectées par cette série d’attaques orchestrée par le groupe cybercriminel UNC5537, selon Mandiant, une société spécialisée dans la cybersécurité.
Ces attaques, débutées en avril 2024, exploitent des credentials volés via des logiciels malveillants comme Lumma, Raccoon et Vidar. Ces informations d’identification ont permis aux attaquants d’accéder aux instances de Snowflake, d’exfiltrer des données et d’extorquer les victimes.
Snowflake a reconnu pour la première fois l’ampleur de l’attaque, affirmant qu’aucune faille directe n’avait été détectée dans leurs systèmes. Les failles de sécurité chez les clients, telles que l’absence d’authentification multi-facteurs (MFA), la non-rotation périodique des credentials et l’absence de restrictions réseau, ont été les principales causes de succès des attaques.
Les experts recommandent l’implémentation de mesures de sécurité robustes, incluant MFA et des politiques réseau strictes, pour protéger contre de futures menaces. Les leçons tirées de cette attaque doivent inciter les entreprises à adopter des pratiques de sécurité plus rigoureuses afin de protéger leurs données sensibles.
Sources:
https://thehackernews.com/2024/06/snowflake-breach-exposes-165-customers.html
https://thehackernews.com/2024/06/snowflake-warns-targeted-credential.html
https://www.darkreading.com/cloud-security/snowflake-cloud-accounts-rampant-credential-issues
https://siecledigital.fr/2024/06/12/lampleur-du-vol-de-donnees-de-clients-de-snowflake-commence-a-se-dessiner/
Infostealers : L’Essor des Cyberattaques sur les Données Personnelles
Après avoir abordé les récentes fuites de données chez Snowflake, il est clair que les menaces ne s’arrêtent pas là. Le site Have I Been Pwned vient d’intégrer une archive massive de 122 Go provenant de Telegram, ajoutant 361 millions d’adresses électroniques uniques à sa base de données, dont 151 millions n’avaient jamais été répertoriées auparavant. Ces informations, volées par des infostealers, démontrent l’ampleur croissante des violations de données.
Les conséquences de ces fuites sont vastes et variées. Elles peuvent entraîner des vols d’identité, où des informations personnelles comme des adresses e-mail et des mots de passe sont utilisées à des fins malveillantes. Il est important de noter que toutes les informations dérobées peuvent avoir un intérêt pour les attaquants. Les pertes financières sont une menace réelle, les pirates pouvant accéder à des comptes bancaires mais également se rendre plus crédibles et atteindre des cibles de base plus vigilantes. Pour les entreprises, une fuite de données peut gravement nuire à leur réputation et entraîner des poursuites judiciaires dans certains cas. Les implications sécuritaires sont aussi préoccupantes, notamment pour les informations très précises sur les personnes, comme dans la fuite de World-Check.
Face à ces risques, il est essentiel de mettre en place des mesures de protection robustes telles que l’authentification multi-facteurs et la rotation régulière des mots de passe. La vigilance et la proactivité restent nos meilleures armes contre ces menaces croissantes.
Sources:
https://www.zdnet.fr/actualites/have-i-been-pwned-fait-son-petit-marche-sur-telegram-392642.htm
https://www.zataz.com/fuite-de-donnees-sensible-la-world-check-hackee/

